novembre 2014

Catfish, sensation blues et rock

Le duo jurassien a vécu une année tonitruante : album splendide, concerts mémorables.
Photo Yves Petit
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“Catfish”, c’est quasiment l’hymne du delta blues. Depuis les années 20, il existe de multiples versions de cette chanson aux paroles changeantes. Celle de Muddy Waters est intéressante puisqu’elle a muté en "Rollin’stone", titre où le groupe le plus célèbre du rock a pêché son nom. En 2014, le duo jurassien Catfish intitule son premier album (après 2 EP) «Muddy shivers». Multiples clins d’œil.
«On voulait trouver un nom court qui contienne deux entités précise Damien Félix. C’est aussi la référence à un environnement pas sain, pas clair. Nous faisons une musique qui transpire».
L’album, en anglais, de haute volée, enclenche une année folle pour le groupe né en 2011. Une année de concerts à droite et à gauche, dans les petites salles et les festivals. Eurockéennes, Paléo et Brussels summer festival. Des échos dans la presse nationale où certains mots reviennent : Mississippi, énergie, garage, the Kills, the White Stripes, vintage, brut, roots. Blues et rock.
«On a eu des retours sympas qui nous ont surpris même si les EPs avaient déjà été bien reçus. L’an dernier, le Printemps de Bourges a également beaucoup aidé à nous faire connaître» dit Damien. «On est évidemment surpris de la rapidité avec laquelle cela a évolué, même si c’est ce qu’on souhaite complète Amandine Guinchard.  Notre but, c’est d’aller devant le plus de monde possible. On est très content de cette visibilité, qui nous a permis de rencontrer plein de groupes, de sortir des frontières franc-comtoises et françaises».
Difficile, de l’intérieur, de trouver une explication à cet accueil. Damien avance quelques pistes. «Les duos homme/femme interrogent toujours. Sur scène, on a un dispositif particulier avec une batterie éclatée. C’est assez atypique et ça plaît». Selon Amandine, «le côté simple, brut, dépouillé parle aux gens».

    Deux entités remarquables

Catfish est donc un groupe a deux têtes. Amandine Guinchard et Damien Félix sont blues et rock. Ils se connaissent depuis longtemps. «On a joué ensemble dans plusieurs formations plutôt rock classique et on s’est retrouvé autour de cette musique forte et de l’envie de faire autre chose. Une espèce de retour à du rock primaire».
Ils composent à deux, Amandine s’occupe des textes, «à partir des idées plus ou moins construites que j’apporte» dit Damien. La langue est l’anglais. «La langue qu’on utilise est une texture, un outil. La voix est utilisée comme un instrument, c’est différent de la chanson française. On a un son américain, donc il faut un chant en anglais».
Instrumentistes polyvalents, ils se partagent les percussions. Damien est aux guitares, à l’harmonica et au chant. Amandine est la voix principale, joue de la basse. 
Elle est venue à la musique par une formation de flûtiste en école de musique avant d’intégrer des groupes de jazz dès l’âge de 6 ans. «Je me suis vraiment mis dans ce qu’on fait aujourd’hui lorsque j’étais dans le groupe Washing Machine».  Damien se souvient «avoir plus ou moins toujours eu une pratique instrumentale comme loisirs». «J’ai toujours été attiré par ça, il y avait un environnement familial favorable. Ca s’est accentué à l’adolescence. Puis on progresse, on a envie de monter son propre groupe et un jour on se dit "je me lance"».

     
Skip James

Ils se placent en héritiers de la tradition, sans pour autant la copier. Au fil de leur carrière musicale, ils sont remontés aux sources et citent Skip James, pas la référence la plus attendue chez des jeunes gens de 30 et 28 ans originaires de Champagnole et du Frasnois.
«Nous avons toujours été attirés par cette musique. On commence par écouter du rock et on remonte dans le temps. On tombe sur Skip James et sur ce qui fait une bonne chanson. Mais on se sert surtout de cette musique comme esthétique de base : le côté simple, épuré. On se rend compte qu’il n’y a pas besoin de grand-chose pour déclencher de grandes émotions» explique Damien. Amandine insiste sur «la recherche de sonorités et d’ambiances» plus que sur l’aspect technique dans l’inspiration blues.
Mais l’album les inscrit aussi dans une lignée récente de duos énergiques. Des adeptes de sons rauques, bruts, décoffrés, d’électricité dépouillée et rampante, comme the Black Keys ou Black Box Revelation.
Des groupes qui se démènent sur scène, malgré (ou à cause) de leur composition minimale.
«Le format duo est une contrainte qui oblige à être créatif. Mais c’est aussi plus facile pour se retrouver sur des points communs et comme on s’entend bien, c’est agréable pour composer. Pour l’instant, on a envie d’enfoncer le clou dans cette formation qui nous a amenés là où on est».
S’ils ont choisi une ligne esthétique principale, ils ne sont pas non plus radicaux. «En tournant, on a la chance de voire beaucoup de concerts. Au gré des rencontres, on évolue. On s’est même mis à l’electro. Etre enfermé dans ce truc blues/garage n’est pas le but. On a envie d’être de notre époque. En réalité, on ne s’interdit rien. On fait les choses pour la musique et dans ce domaine, la fin justifie les moyens».
Ils ont beaucoup tourné et vont tourner encore en 2015. Le prochain album n’est pas pour tout de suite.
«On n’a pas vraiment le temps. Mais ça trotte dans la tête, on essaie de défricher la direction qu’on va prendre. On a envie d’évoluer car on admire les groupes qui changent sans se trahir. Il y aura toujours une base blues mais ce sera un peu plus tendu». On s’impatiente déjà.

Stéphane Paris
En savoir plus
catfish-music.com

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«Muddy shivers»
«Muddy shivers», c’est douze titres sans temps faibles. Et surtout un album cohérent, fait de morceaux à l’ambiance commune, mais qui évite l’écueil de la monotonie. Car s’il est construit sur des accords vintage, s’il est nerveux et dépouillé, chaque chanson contient ses petites différences : des passages énergiques parsemés de gimmicks pop à la Black Keys («Make me crazy»), une balade quasiment americana («Hold on»), des blues transcendés et habités façon Jeffrey Lee Pierce («Have a good time»), des frappes électriques sournoises («Like a cloud»), du blues à l’ancienne («Not alone»), des infections de guitares twang. L’ensemble étant porté par la voix féminine et rauque d’Amandine Guinchard aux inflexions rappelant parfois Chrissie Hynde.

Playlist
Robert Petway, “Catfish blues”
Muddy Waters, “Rollin’stone”
Skip James, “Hard time killin’ floor blues”
Ramblin’Jeffrey Lee “Long long gone”
The White Stripes, “John the revelator”
The Kills, “Black balloon”
The Black Keys, “Gold on the ceiling”
Black Box Revelation, “Shadowman”
Catfish, "Make me crazy"

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