janvier 2016

Ils ont tourné "Madame est bonne !"

Kevin, Vincent et Adrien, trois jeunes de Morteau, viennent de terminer leur film de 26 mn. Dans l’aventure, ils ont battu un record de soutien participatif.
Photo Yves Petit
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C’est une chose de vouloir réaliser un film, une autre de mener l’idée à bien. Surtout quand on est jeune, sans expérience ou presque et sans connaissances dans le milieu. Pour Kevin Desmidts, Vincent Vitte et Adrien Rogé, l’aventure a débuté il y a presque deux ans. Elle aboutit à "Madame est bonne !", court métrage de 26 mn tourné au Bélieu, près de Morteau. Ingrédients : de l’envie, de la persévérance, du dynamisme et beaucoup de débrouille. Ils avaient par exemple monté un dossier pour un organisme de cinéma mais le projet a été rejeté «car pas assez expérimental. On s’est alors dit qu’on allait tout faire nous-mêmes». Leur appel à financement participatif par crowdfunding a fait parler d’eux : avec 22040 euros récoltés (ils en souhaitaient 10000), il leur permet de s’afficher comme le court métrage le plus financé de France par financement participatif (ils sont passés par la plateforme touscoprod). 
A leur actif, les 3 Mortuaciens aujourd’hui âgés de 22 ans (21 pour Vincent), avaient déjà un court métrage, remarqué au festival Nikon Film en 2014 ("Je suis une discorde"). L’expérience leur a plu et leur a servi pour la suite. Pour leur deuxième tournage, ils ont su s’appuyer sur leurs rencontres et mobiliser les ressources locales. Temps imparti : un mois et demi pour installer les décors, 15 jours pour tourner. «Nous avons eu des apports en nature considérables des entreprises d’ici. L’Espace Morteau a hébergé l’équipe pendant 15 jours. Clotilde Jacoulot nous a fourni des fruits et légumes. Un gîte nous a mis 4 chambres à disposition. Nous avons eu 3 minibus, du mobilier pour les décors. La communauté de communes du Val de Morteau nous a prêté le hangar dans lequel nous avons tourné, la Ville de Morteau nous a mis le théâtre à disposition pour présenter le film. Tout cela nous aurait coûté 150 000 euros… Et beaucoup des professionnels nous ont apporté leur aide bénévole pour le montage, la technique, la musique uniquement parce qu’ils étaient intéressés par le projet. On a eu quelqu’un qui a travaillé sur "le Fabuleux destin d’Amélie"». Autre exemple, la direction d’acteur a été assurée par Daniel Cohen-Seat, comédien de 20 ans rencontré à Paris, ville où Vincent et Adrien poursuivent leurs études, l’un en philo, l’autre en formation d’acteur. La chance a également été de leur côté. «On a pu adapter le réel à ce qu’on voulait, même si c’est compliqué de tout prévoir dit Vincent. On a tourné en septembre sous un toit en tôle. Par chance, il n’y a eu qu’un après-midi de pluie !».

  «On s'est formé sur le tas»

S’ils se sont connus au lycée Edgar Faure, à Morteau, les 3 jeunes hommes ont depuis poursuivi des chemins différents avec lesquels il a fallu composer. Mais quand chacun s’approprie des tâches en rapport avec ses compétences ou ses appétences, la diversité est aussi un atout. Kevin, en BTS gestion à Bordeaux, s’est occupé des aspects communication et gestion du projet. 
«On s’est réparti le travail relate-t-il. Adrien pour l’aspect technique, Vincent pour la mise en scène et moi pour la production. On a quasiment tout accompli en se formant sur le tas». Vincent est aussi l’auteur du scénario, comme pour le premier court. Il dit «aimer écrire, tout le temps». Avant "Madame est bonne !", il s’est lancé «dans un roman devenu scénario de long métrage. Un dirigeant du comité consultatif des programmes d’Arte a vu ce scénario et m’a dit de commencer par un court. Je me suis mis à "Madame est bonne !" ». Après le montage et la postproduction de ce début d’année, ils s’apprêtent à présenter leur film. L’aventure ne les a pas découragés, au contraire. «On a envie de continuer dans le cinéma, on veut faire un long métrage, plus que jamais».

Stéphane Paris
En photo
Kevin et Vincent. Pour mener leur projet, ils ont créé l’association à but non lucratif Adwaita (du nom d’une tortue des Seychelles qui aurait vécu 250 ans).


C’est un huis-clos avec 7 acteurs, décrit par ses coréalisateurs comme une comédie noire. «Ma référence principale est dans le titre indique Vincent : c’est inspiré des "Bonnes" de Jean Genet. Chaque personnage est un commentaire du milieu social, mais tout n’est pas explicite. Par exemple, on se demande de quel «madame» on parle, on se demande si elle est vraiment une bonne, il y a des sous-entendus sexuels».

En savoir plus
touscoprod.com/fr/
madameestbonne


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