novembre 2018

Le projet d’accueil social d’Odeline Largier

Avec sa sœur et une amie, elle est partie pendant 6 mois à la rencontre de lieux d’accueil alternatifs dans toute la France. Avec l’idée d’en créer un à Besançon.
Photo Yves Petit
Le projet d’accueil social d’Odeline Largier Le projet d’accueil social d’Odeline Largier

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Aller voir ce qui se fait ailleurs pour agir autrement. Cette idée a lancé le périple d’Odeline Largier, sa sœur Maéva et leur amie Audrey Tamburini. Une éducatrice spécialisée, une psychologue, une psychomotricienne mues par le même constat : le travail social ne peut se satisfaire de pratiques soucieuses de rentabilité ; il est trop souvent bloqué par la lourdeur institutionnelle. «A force de discussion, on s’est rendu compte que l’on partageait les mêmes constats et préoccupations, avec l’envie d’agir autrement. Toutes trois connaissions des lieux qui correspondaient à ce que l’on cherchait. Plutôt que de réinventer l’eau chaude, on a décidé d’allersur place se rendre compte de ce qui est possible à partir de ce qui existe». Leurs déclics : voir l’indifférence, y compris de la part de travailleurs sociaux, à l’égard des mineurs réfugiés ou le manque de préoccupation écologique de l’institution. L’idéal de privilégier la qualité et l’humain ne semble pas si exigeant, mais la réalité rend presque utopique leur question principale : «continuer à tenir les murs d’un monde qui s’effondre ou mettre l’énergie pour construire demain ?» Voir comment certains franchissent ce cap les a donc poussées à tout arrêter pour partir pendant 6 mois à travers la France.

   Un projet tourné
   vers les mineurs en difficulté


Les 3 amies sont originaires de Carpentras, mais Odeline est arrivée à Besançon en 2010. Après ses études à l’IRTS, elle a travaillé dans le domaine de la protection de l’enfance en Haute-Saône et dans le Jura, participé à la mission habitat de l’association Julienne Javel, œuvré pour les enfants handicapés. A 26 ans, c’est ici qu’elle compte mener à bien un projet, tourné vers les mineurs en difficulté. «Le périple est né aussi du besoin de voir des pédagogies et structures fonctionnant à une échelle plus petite, plus adaptée à un public de jeunes en difficulté. Et plus ouvertes aussi, car je trouve nos institutions trop fermées, dans le sens où elles n’abordent pas assez des questions d’alimentation, d’écologie, d’énergie alors que tout est lié».
Des projets participatifs tenant compte des problématiques environnementales existent, elle et ses amies en ont rencontrés. «Nous avons commencé par aller voir Longo Mai près de Forcalquier. C’est une coopérative agricole autogérée depuis 40 ans. Là, on nous a parlé du village des jeunes de Vaunière, près de Gap, un hameau en constante reconstruction depuis plus de 30 ans. Il accueille à la fois des jeunes en séjour scolaire, en insertion, en séjour de rupture, en placement longue durée ainsi que des volontaires européens, des touristes de passages, des bénévoles»

   Démarche encouragée

En 6 mois de camping-car, elles ont visité une dizaine de sites et notamment découvert l’agrément Lieu de vie et d’accueil.  «On a vu que certaines de nos hypothèses n’étaient pas réalisables, mais certains lieux nous ont montré ce qui pouvait l’être. J’ai vu des endroits où des jeunes s’impliquent sans avoir l’étiquette problèmes sociaux. Dans l’ensemble, on nous a encouragées».
Aujourd’hui, elles sont passées à l’étape de construire leurs projets, l’un dans le sud, l’autre à Besançon. Pas la plus facile. «Il y a un besoin d’accueil de jeunes en rupture ou en décrochage, mais pas dans l’institution scolaire ou dans un lieu qui la rappelle. J’aimerais créer un lieu avec un réseau de professionnels, par exemple des maraîchers ou des artisans, pour que les jeunes puissent commencer par retrouver un rythme, des liens, une confiance en eux et esaient de trouver du sens à un projet professionnel mais sans la pression, le stress et l’angoisse qui peuvent être liés à l’école. Cela passe par un travail sur le relationnel, l’expérimentation d’activité sans jugement et avec la possibilité de se tromper. Mais pour l’instant, j’en suis à rencontrer les acteurs institutionnels pour expliquer ma démarche, trouver le lieu et les financements».

S.P.



En savoir plus
projet-avanti.com

Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

L'info des ados : liens entre générations


novembre 2018
A la rentrée 2018, une équipe de France 3 Bourgogne-Franche-Comté a accompagné une classe de 4e du collège Victor Hugo (Besançon) dans la réalisation d'un reportage sur les liens intergénérationnels. Un sujet choisi par les élèves eux-mêmes, au moment de  la Semaine Bleue consacrée aux personnes âgée. L'info des ados, à voir ici.

"Rivières : Les sentinelles du réchauffement"


octobre 2018
Nicolas Caussanel et Marlène Devillez, kayakistes de niveau international, ont décidé de profiter de leur passion pour alerter au sujet du réchauffement climatique et de l'état des rivières. Ils se lancent dans la réalisation d'un film documentaire, "Rivières : Les sentinelles du réchauffement". Ils ont lancé un crowdfunding pour mener à bien leur projet. Pour y contribuer, c'est ici.

Prix-jeune de l'engagement


décembre 2017
Pour la 2e année, le Département du Doubs et la Société des membres de la légion d'honneur ont remis les prix "les chemins de l’honneur" à 4 jeunes qui se sont fait remarquer par leur engagement, le sens civique ou le dévouement : Elise Labeuche (1er prix), 20 ans, de Voujeaucourt , qui a mené de nombreuses actions de solidarité et de citoyenneté, Aurélien Pillot, 21 ans, d'Ornans, engagé depuis l’âge de 12 ans au sein des scouts et guides de France, Noa Roussy, 16 ans, de Besançon, championne de boxe France, Europe et Monde qui intervient auprès de jeunes en déviance pour leur redonner confiance et Jafaar Bismillah, 22 ans, de Montbéliard, investi dans la mise en place de la nouvelle section de jeunes sapeurs-pompiers volontaire au centre de secours de Montbéliard.

Olympiades des métiers


juin 2017
Cette année, 16 jeunes de la région ont remporté une médaille d'or, d'argent ou de bronze lors des finales nationales en mars à Bordeaux. Parmi eux, 4 en or : Adrien Mary en DAO dessin industriel, Mélissa Brun en maroquinerie, Maxime Besnard en métallerie, Anthony Charron en plomberie et chauffage. Argent pour Mylène Calabre en soins esthétiques, Willy Fourrier en maçonnerie et Jules Leroy en tonnellerie ; bronze pour Lorette Bulabois en aide à la personne, Kevin Fritz en maroquinerie, Kevin Grossir en prothèse dentaire. Josselin Morel en fraisage, Thomas Jullien en administration des systèmes et des réseaux informatique, Pierre Marconnet en tonnellerie, Alexis Peuzin en boulangerie, Antoine Sicard en sommellerie, Alexandre Guitard en cycle et motocycle. En savoir plus.

"Ma thèse en 180 secondes"


avril 2016
L'Université de Bourgogne-Franche-Comté a organisé le 8 avril 2016 la finale régionale du concours international «Ma thèse en 180 secondes», rassemblant 10 candidats issus de 5 écoles doctorales. L'exercice : résumer plusieurs années de travail de recherche et rendre explicite un sujet de thèse obscur pour les non-initiés en 3 minutes seulement. Deux prix ont été remis par le public et le jury.
Le vote du public a désigné Asmae Hamzaoui, doctorante de l’UTBM, rattachée à l’Ecole doctorale sciences pour l'ingénieur et microtechniques (Spim), et membre de l’Institut Irtes au sein de l’équipe du laboratoire d’étude et de recherche sur les matériaux, les procédés et les surfaces. A 27 ans, en 3e année de thèse, Asmae fait sa recherche sur l’«étude de capteurs d'effort piézoélectriques par technologie couches minces»…ou de façon plus accessible : comment recharger la batterie de son portable en marchant.
Le jury a retenu de son côté Marie Petitjean, qui représentera donc l'UBFC lors de la finale nationale à Bordeaux le 31 mai, au côté de 15 autres candidats, et peut-être lors de la finale internationale en septembre au Maroc. Doctorante de l’Université de Franche-Comté, rattachée à l’école doctorale environnement santé et membre du laboratoire d’hygiène hospitalière au CHU de Besançon, Marie consacre sa thèse à «dix-sept ans d'analyse génotypique et phénotypique d'une souche épidémique de pseudomonas aeruginosa au cours de sa diffusion hospitalière».
Voir tout