juin 2017

Maud Giboudeau, la poésie sur le fil

Cette jeune jurassienne a créé avec le Mexicain Aaron Govea une compagnie de théâtre physique dont le cirque est un des moyens d’expression. Ils présentent le spectacle "Bée" cet été.
Photo Yves Petit
Maud Giboudeau, la poésie sur le fil

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Le cirque Plume tire sa révérence définitive mais son influence se propage. Maud Giboudeau a vu un des spectacles de la compagnie bisontine à l’âge de 5 ans. Vingt ans plus tard, la jeune femme d’Arbois s’y réfère encore. «Je me souviens d’un ange qui passait en l’air. Cette poésie-là m’a émerveillée. Plus tard, j’ai fait les colos puis les cours amateurs de Passe-muraille. Ce sont eux qui m’ont fait rêver».
Aujourd’hui, elle a une compagnie : le Teatro Naranjazul (1), créé en 2014 avec Aaron Govea, un Mexicain rencontré lors de ses études à l’Ecole de théâtre de mouvement Dimitri, à Locarno (Suisse). Cet été, ils présentent leur quatrième projet, "Bée". «Un solo, mais un solo à 2» tant Aaron est présent : il met en scène, joue de la guitare et du charango, voire du fouet pendant le spectacle.
Maud, elle, marche sur un fil. «Dans le cirque, c’est ce qui m’a plu tout de suite. Je voulais mener mon projet professionnel autour du funambulisme. Pas pour le côté sportif, qui ne m’intéresse pas. C’est pour ça que Passe-muraille m’a convenu. Je ne pense pas que ça aurait été pareil dans une autre école». Mais du sport, il en faut : Maud s’exerce tous les jours, parfois pendant 3 à 4 h. «Le fil est une des disciplines du cirque les plus longues à apprendre. Et c’est ingrat, dépendant de nombreux éléments dont le stress. En public, on n’arrive plus à faire ce qu’on sait faire habituellement. Aaron joue de la musique mais c’est un soutien car le fil est une discipline solitaire et le solo un exercice théâtral difficile». Ce qui lui plaît, c’est d’abord le spectacle, «c’est le jeu, créer des personnages, se raconter des histoires». 

   Gravité vs légereté

"Bée" s’inspire de Plume et du théâtre Dimitri, «où l'on apprend le théâtre de mouvement, l’expression corporelle, le mime, la danse, l’acrobatie, la scénographie en rythme et en musique. Pour créer des spectacles où la parole n’est pas forcément nécessaire. En tout cas, la dramaturgie vient au préalable». Mais leur projet, auquel est associée Chloé Darbon, une costumière d’Arbois, est d’abord personnel. Aaron : «Il y a une recherche, une démarche artistique autour du fil pour lui donner un sens». Maud aime «l’univers poétique né de la fragilité de l’équilibre. Du point de vue théâtral, on se sert de ce risque de tomber. Dans le spectacle, on pose des questions enfantines ou existentielles auxquelles j’essaie de répondre par le fil. Mais ce sont des questions qui nous laissent bouche bée, auxquelles on ne peut répondre». Exemple ? «Est-ce qu’être libre, c’est se libérer de la peur ? Sur le fil, on joue à se faire peur». Le funambulisme en tant que métaphore du doute philosophique… mais le fil est avant tout un défi à la gravité. «On joue avec ces questions, on les prend mot à mot, à l’envers». Légereté plutôt que sérieux. Le spectacle s’adresse à tous dès 6 ans.
Ce spectacle est issue des études de Maud. Pour peaufiner ses aptitudes, elle a repris une formation à l’école Arc en cirque à Chambéry. «"Bée" vient d’un travail de recherche artistique que j’ai eu envie de mener jusqu’à la création d’un spectacle». Une démarche professionnelle dont les répétitions ont été menées grâce à David et Linda Courvoisier qui accueillent des artistes en résidence dans leur gîte de Cressia, où ils ont installé un chapiteau. Un retour aux sources pour Maud ? «On est dans le lancement de la compagnie en professionnel. On est beaucoup allé au Mexique et à l’étranger, mais effectivement on essaie de revenir ici. C’est plus accessible et plus facile pour construire quelque chose».

Stéphane Paris






(1) Teatro Naranjazul
Naranjazul = "Orange bleue" en référence à «la Terre est bleue comme une orange» (Paul Eluard).

teatronaranjazul.com


Le 17 juin à à 20 h à Poligny (salle omnisports du Champ d'Oran) pour la Grande Fête de la Séquanaise.
Les 12 et 13 août à la fête Aubad'ô battage de Cressia (39).
Le 19 août à la fête de By (25).
Le 16 septembre à Arbois (39) pour les Journées européennes du patrimoine.
Le 23 septembre au festival Serious road trip de Besançon.

Vidéo

En savoir plus
accademiadimitri.ch

arc-en-cirque.asso.fr

Retour

Réactions sur la news

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

"Clair obscur"


juillet 2017
Après "Namantius", Great hat production lance un crowdfunding pour un nouveau projet cinéma ("Clair obscur") au sujet de Courbet. Pour les aider, c'est ici.

Kreshendo


septembre 2015
Le rappeur bisontin vient de publier son premier album "Je suis qu'un homme". En vente 10 euros au Forum, en écoute sur deezer. Pour en savoir plus, facebook. A voir, son dernier clip, "Sale trip".

MyTremplin


juillet 2014
Ce dispositif du Conseil général du Jura vise à promouvoir et à aider les formations musicales du département en leur offrant la possibilité de monter sur scène et/ou de disposer d’un accompagnement artistique réalisé par le Moulin de
Brainans. Cette année, 5 lauréats ont été désignés par le jury et bénéficient de ce dispositif : Célia (folk rock), L’Homme s’Entête (chanson), Max Gulliver (pop), The Donuts Machine Band (chanson blues) et Gunther Tarp (rock).


The Wan


juin 2014
Ils étaient à Rolling Saône et on va les retrouver à Saônorités (14 juin), à la fête de la musique à Baume-les-Dames et au festival de la Paille (2 août). En attendant, voyez le dernier clip de ce bon groupe rock d'ici, réalisé par Bertrand Vinsu, sur Besançon.tv.

"Furie" par Clara Yucatan


mai 2014
Le nouveau clip du groupe haut-saônois, réalisé par Vincent Vernier est en ligne ici.
Voir tout