janvier 2014

«Sophie Lambda, nana nature qui se fout des conventions»

Etudiante en master langues et e-commerce à Montbéliard, Mélissa Pedretti s’est fait connaître sur la toile grâce à son personnage. Avec Sophie Lambda, elle traite du quotidien avec humour. Rencontre avec une jeune illustratrice auréolée d’un Golden blog award.
Photo SimonDaval.fr

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Comment en es-tu arrivée à créer ce blog ?
Je n’ai jamais fait d’école d’art. Je dessinais à l’école pour faire marrer les potes en caricaturant des profs dans un coin de feuille. Et puis, il y a trois ans, j’ai créé un blog où je postais mes réalisations, mes proches ne savaient même pas que je dessinais. Les premiers dessins étaient moches ! Je les ai laissés sur le blog d’aujourd’hui pour montrer aux gens que c’est possible quand on s’accroche. C’est en dessinant pour le blog que je me suis améliorée. Ensuite la magie du web a opéré, les internautes m’ont lancée.

Comment est né le personnage de Sophie Lambda ?
Je cherchais un nom banal, passe-partout et « très français ». Il y avait un créneau à prendre, des nanas qui ont des blogs comme moi en France, il y en a plein, mais pas ou peu, en Franche-Comté. Les gens aiment encore plus quand je parle de la région. Je suis d’ici, alors j’ai plein de trucs à raconter.

Comment la décrirais-tu ?
C’est une nana nature, un peu vulgaire parfois, brute de décoffrage. Elle ne fait pas dans la dentelle, ni dans le politiquement correct. C’est une fille que tout le monde aimerait être parce qu’elle se fout des conventions, mais dans la vie tu ne peux pas être comme ça. Sophie, elle fait ce qu’elle veut et c’est cela qui est chouette.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour «divertir avec des situations qui parlent à tous» ?
Je suis toujours aux aguets, quand je prends le bus ou le métro, j’ai les yeux et les oreilles grands ouverts. Je puise dans les conversations anonymes des gens, dans les cafés, à Paris ou ici, en terrasse, dans les histoires des copines, de mes parents et il y a de mes histoires perso que je romance.

Quelle est la part de toi dans ton personnage ?
Sophie, ce pourrait être moi dans un monde où il faut se respecter. Quand tu racontes ce que tu as envie et qui te touche, ça peut parler aux gens. Dans les histoires d’humain, plus on est précis, plus on touche à l’universel (…) Si un jour, j’ai un vrai job, alors Sophie parlera des aléas de la vie professionnelle, si un jour j’ai des enfants, peut-être qu’elle sera enceinte. Sophie, c’est un personnage qui suit le cours de ma vie. Il est toujours dans ma poche.

Près de 3500 personnes suivent ta page Facebook,  tu as décroché le Golden blog award à Paris en novembre 2013, les agences de communication et l’édition font désormais appel à toi … Selon toi, comment cette réussite s’est-elle amorcée ?
Il n’y a rien qui résiste au travail. Quand j’ai commencé, je n’étais pas très sûre de moi, j’ai continué et n’ai jamais arrêté d’y croire, c’est un peu naïf, mais jusqu’au jour où … ça a marché ! Sur internet, beaucoup se découragent, 70 % des blogs sont abandonnés au bout de trois mois, il ne faut rien lâcher, être têtu et un peu fou !

Propos recueillis par Simon Daval

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