février 2017

Napoleon Maddox présente "Twice the first time"

Le 19 mars, la Rodia propose ce spectacle du rappeur américain, qui parle de ségrégation. Des jeunes du Caem de Planoise sont associés à la création.
Photo Yves Petit

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C’est un projet que Napoleon Maddox a en tête depuis 10 ans : mettre en spectacle l’histoire étonnante et vraie de deux de ses aïeules siamoises, Millie-Christine McKoy. Une histoire de ségrégation et d’émancipation, une histoire de revanche sur les discriminations. Le rappeur et beatboxer américain le présente avec son  groupe Iswhat ?!, le 19 mars à Besançon après Cincinnati et La Courneuve.
Sa motivation et l'ambition du projet ont su agréger les soutiens : le concert bisontin est soutenu par l’Etat, le Grand Besançon et la Ville ainsi que Feeleo, entreprise membre du club des mécènes de la Rodia. L’actualité des discriminations inquiète-t-elle Napoleon Maddox ? «Ce n’est pas nouveau, j’ai vécu avec ça toute ma vie dit-il. J’ai eu à gérer cela depuis l’enfance et c’était bien plus difficile quand j’étais à l’école que maintenant». Transformer cette histoire au sujet "difficile" en spectacle musical est loin de lui faire peur. «Au contraire, c’est beaucoup plus facile de le faire de manière musicale. C’est très riche, il y a tellement de façon de le transmettre au public...». Le spectacle aborde les thèmes de la différence et de l’identité sous forme de performance hip-hop  avec slam et mapping vidéo.
Napoleon Maddox est un artiste ouvert. Il aime les collaborations comme il a pu en faire avec Sophia Domancich, Archie Shepp, Chuck D ou KRS One, dans des styles très différents. Sorg, jeune beatmaker bisontin peut témoigner : «en 2012, je faisais de la musique en amateur et je connaissais son travail. Il avait une réputation, il avait 20 ans de plus que moi mais je lui ai quand même envoyé un mail pour avoir un avis, au cas où. Non seulement il a répondu mais ensuite on a commencé à travailler ensemble, on a sorti le morceau "Wild west" et quand il est venu à la Rodia avec son groupe, il m’a fait monter sur scène ! Depuis, on a joué plusieurs fois ensemble. On se voit deux ou trois fois par an». Dans le cadre du festival Banlieues bleues à la Courneuve, Napoleon Maddox a travaillé avec des jeunes, invités à participer au spectacle. A Besançon, ceux du Caem de Planoise sont associés. «Chaque fois que j’ai l’opportunité d’aller vers les jeunes, je le fais dit-il. A l’école, on nous apprend surtout que 6X6=36. On nous apprend moins à vivre ensemble».

 
 Le lien social
   par la musique


Rencontrer un artiste avec cet état d’esprit est une opportunité unique pour le Caem. «A travers la musique, notre mission d’accompagnement à la pratique avec des publics amateurs et professionnels passe par la défense de valeurs de lien social» résume Jean-Baptiste Chané, le directeur. «Nous privilégions les pratiques collaboratives et pas réservées aux seuls initiés. Nous sommes plus dans la transmission que dans l’apprentissage. C’est la 2e année que nous travaillons avec Sorg, Napoleon Maddox et la Rodia et c’est une belle expérience». 
La manière dont certains jeunes du Caem participeront à la soirée du 19 mars n’est pas encore définie. Mais ils vivront un moment important. «Ce genre de collaboration fait partie de nos missions précise Philippe Angelot, responsable du  pôle ressources et action culturelle. Par le passé, des jeunes du Caem ont pu se produire en spectacle de création, en restitution classique ou en première partie d’artistes majeurs. Ils sont accueillis dans les mêmes conditions que les autres artistes. Pour nous, il est important de leur accorder le même traitement que n’importe quel professionnel qui vient chez nous. Cela les responsabilise et les valorise ». Dans le cadre du projet de Napoleon Maddox, tout concorde.

Stéphane Paris




En photo
Sorg, Jean-Baptiste Chané et Philippe Angelot, autour de Napoleon Maddox en skype.

Millie-Christine McKoy
Siamoises, les sœurs McKoy, aïeules de Napoleon Maddox, ont vécu l’esclavage, les exhibitions et même les expériences médicales, changeant de propriétaire jusqu’à Jason P. Smith, directeur de cirque. Portées disparues, retrouvées en Angleterre par leur mère et un détective privée, elles profitent de l’abolition de l’esclavage pour utiliser ce qu’elles ont pu apprendre lors de leur soumission : lecture, écriture, allemand, français, danse, chant, piano, poésie. A tel point qu’elles acquièrent un statut d’artistes respectées, deviennent indépendantes financièrement, rachètent la propriété de leur ancien maître et soutiennent des œuvres caritatives. Une vie au XIXe siècle transmise aujourd'hui par leur arrière-petit-neveu.


Le dimanche 19 mars à 18 h à la Rodia. 8/10 euros, gratuit avec le coupon Avantages jeunes Rodia.
larodia.com

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