avril 2016

Nicolas Rauber, créateur d’entreprise innovante

Depuis un an, au sein de Temis Innovation, la société Miravas met au point une technologie de traitement des varices par vapeur d’eau.
Photo Laurent Cheviet
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Une varice est une dilatation permanente d’une veine ayant pour conséquences douleurs, jambes lourdes et risques d’embolie. Pour les traiter, plusieurs procédés existent, des bas de contention à l’opération en passant par des techniques endoveineuses dont la sclérothérapie. Jusqu’à présent, cette dernière passait par un traitement chimique avec un produit sclérosant permettant de fermer la veine. Une technique que la société Miravas, créée à Besançon par Nicolas Rauber est en train d’améliorer en utilisant de la vapeur d’eau. Ses atouts : pas de produit chimique, pas de douleur, pas de récidive, contrairement à la sclérothérapie d’usage.
Comme pour toute amélioration médicale, le marché est important, mais l’imposer demande du temps. L’idée vient de loin. Nicolas Rauber a suivi une prépa physique chimie à Grenoble avant d’intégrer l’Ensmm. C’est à son premier poste au sein du groupe Serma qu’il a commencé à travailler sur la vapeur d’eau, au départ dans l’idée de traiter les tumeurs cancéreuses. Avant qu'une décision stratégique ne réoriente le projet vers les varices, avec l’appui du Dr René Milleret, chirurgien vasculaire à Pézenas. «En tant qu’ingénieur puis chef de projet, j’ai beaucoup appris à ce moment-là, notamment sur les leviers à actionner quand on fait de l’innovation médicale» dit Nicolas Rauber. Une expérience complétée par la suite de sa carrière en tant que responsable de bureau d’études chez Alcis, à Besançon, toujours dans le domaine médical et toujours sur des dispositifs innovants, en neurochirurgie et en chirurgie esthétique. «Quand j’ai été licencié pour motif économique, j'ai commencé à réfléchir à l’idée de créer une entreprise. J’avais plusieurs idées en tête. Parallèlement, j’ai obtenu le diplôme de l’Isi FC (institut supérieur d’ingénieurs de Franche-Comté) par VAE, ce qui me permettait d’avoir la double casquette d’ingénieur technique et médical. Je me suis rapproché du Dr Milleret car j’avais beaucoup apprécié travailler avec lui. Je partageais sa volonté de réduire les dépenses de santé en utilisant des techniques moins invasives. L’idée principale était de rendre accessible aux cabinets médicaux une technique que nous avions mise au point pour le bloc opératoire».

   L'appui Temis

La création d’entreprise est un parcours d’étapes, de longue haleine. Nicolas Rauber a commencé par passer un an à l’incubateur d’entreprises pour mûrir le projet et se former à l’administratif, à la gestion, au marketing. En intégrant Temis, il a embauché deux jeunes ingénieurs, Fabien Bigueur en recherche et développement, et Florian Paupert, en qualité affaires réglementaires. «Temis permet d’avoir des locaux et d’avoir des interlocuteurs aptes à répondre à toutes nos questions». La mise au point du dispositif médical VBox (photo 2) en 2015 a valu plusieurs prix à Miravas. La VBox est en cours de certification CE, tandis que Miravas travaille sur une 2e version apte à traiter les grosses varices, en intégrant la technique de traitement par radiofréquence dans le même appareil. Mais l’innovation est peut-être un peu plus compliquée dans la santé qu’ailleurs.
«C’est un domaine très contraignant en matière réglementaire. Dès que nous aurons le marquage CE, nous allons travailler avec des médecins partenaires. Il faut avoir des publications scientifiques, des leaders d’opinion comme le Dr Milleret, un réseau. Cependant, nous avons déjà des échos positifs notamment parce que les techniques traditionnelles coûtent cher et que la VBox permet de diminuer le nombre de séances». Autre étape fondamentale, le financement. «Il y a de l’investissement personnel, les prix des concours, des aides de la Région, du Département, du Grand Besançon, du réseau Entreprendre, des prêts bancaires. Mais cela ne suffit pas. Pour nous développer et embaucher nous devons encore passer par une levée de fonds».
«C’est beaucoup plus compliqué que d’être salarié avec des horaires, mais s’il fallait le refaire, je le referais. J’ai envie de créer une société dans laquelle les gens sont contents de venir travailler, de partager des valeurs et de manager en ne faisant pas ce que je n’ai pas aimé ailleurs».

S.P.
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